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Requiem pour un Bon

Ajouté le 7/2/2012

                    

Requiem pour un Bon


 

« Ecoutes le sitar, il joue pour toi, »

« A ta mémoire de… super-gars, »

« J’espère que tu aimes, c’est assez beau, non ? »

« C’est le requiem, pour un… Bon ! »

        En effet, chères lectrices-et-teurs, il faut bien l’admettre, le reconnaître et même le venter : rares sont, parmi les gens que la Vie met sur notre route, celles-et-ceux qui peuvent se targuer d’une réelle forte personnalité, les vrais originaux, celles-et-ceux qui entrent dans nos existences et qui, à partir de là, n’en sortent plus jamais, vont jusqu’à modifier nos pensées, nos comportements, nos manières d’être, nous font évoluer et nous nourrissent sans cesse, et à bon escient. « Celui-là, c’est simple, je le trouve tellement brillant que quand je ne suis pas d’accord avec lui,…  je change d’avis. ». Voici ce que disait l’un de ces êtres rarissimes à propos d’un journaliste-intellectuel-refléchisseur qui l’intéressait au plus haut point et qu’il regardait très souvent via interpastropnet. Car, c’est bien de l’un d’eux, dont je veux vous causer aujourd’hui, un de mes très rares et légitimes amis, qui vient d’avoir l’outrecuidance de nous abandonner sur la banquise, nous, pauvres pingouins, à nos vies terrestres, ô combien lamentables ! en nous faisant bien comprendre, par ce geste, qu’en tant que terrien, décidément, on n’est pas grand-chose, tous autant qu’on est.

D’ailleurs, je l’entends déjà grommeler de sa voix de baryton tonnant et commentant cette élégie à lui consacrée de ses célèbres et incontestables conseils littéraires : « Des phrases courtes ! Caviardé ! Ne garder que le strict nécessaire ! », n’hésitant, dans la minute suivante, à se lancer lui-même dans un discours de plusieurs heures, fait d’incessants allers-retours verbaux, d’arabesques gutturales sans fin - entrecoupées de quintes de toux hallucinantes -, la plupart n’ayant en fin de conte souvent que très peu, voir aucunement, de  rapport avec ce qui avait été évoqué par lui depuis le début de sa diatribe. « Je ne suis pas de ces bavards qui sont absolument capables de se couper la parole à eux-mêmes, tellement leurs dires sont vides de sens ! » avait-il l’habitude d’argumenter à ce sujet.

Il en va de ces êtres comme de la Vie elle-même, à savoir qu’ils sont généralement seul à décider de leur sort, avec des univers bien à eux et des références qu’ils s’inventent au fur et à mesure que ce développe leur personnalité. Seuls ceux-ci sont capables d’authentiques excentricités, qui ne sont ni déformation de choses déjà entendues ou vues, ni récupération d’autres actes usités ailleurs. Sans parler des appellations inouïes qu’ils sont capables de donner à des objets, sites, gens ou animaux proches d’eux, tout les « Espèce d’espèce » par exemple, qui servent à nommer une jeune fille de son entourage par lui adoré, ces « Lulus » qu’il envoyait pour citer jeunes gars, garçons ou garçonnets qu’il appréciait, donner à son chat du « Major Grüber », à son pote du « Niaille des niailles », du « Jean Lou, dis pas de conneries » à un autre qui ne s’appelait bien évidemment pas du tout Jean Lou, du « Roberts arrogants » pour évoquer les nibards de l’une, d’affubler une autre du surnom de « le retour de Martin-Guerre » à cause d’un look d’inspiration un peu trop ostensiblement moyenâgeuse, d’appeler une vedette locale « Roch voisine » juste parce qu’elle était plus voisine que people pour lui, du « Arpatchi » (traduire par « vieux con ! ») à l’un de ses amis les plus aimé et, ô combien ! par lui respecté. Et, bien sûr, si ces appellations étaient tolérées par son entourage, c’étaient uniquement par qu’elles n’étaient, toutes, que marques d’attachement et de gratitude.

Délirant était le bonhomme, autant qu’immense son érudition. Délirant au point de pouvoir envisager, en ma présence et avec mon soutien inconditionnel, et non sans raison vu la longévité de notre positionnement et assiduité de rmistes à l’époque, de réclamer, à coup de manifestation dans les rues de nos campagnes s’il fallait en arriver là pour l’obtenir, un statut, je le cite, « d’assimilés fonctionnaires, devenons des A.F. », vu que lui autant que moi étions par définition rémunérés par l’état, fidèles à nos postes quotidiennement, pouvant prétendre à des primes de longévités sans souci, et prêt à défendre nos acquis sociaux sans sourciller une seconde ! Et ceci n’est qu’un des innombrables exemples qui me reviennent à la mémoire.

D’un point de vue littéraire aussi, lui et moi nous entendions comme larrons en foire. Il aimait les poètes (Rimbaud, bien sûr, Baudelaire aussi, Tristan Corbières qu’il m’avait fait découvrir, ainsi que la plupart des maîtres de la poésie perse) et les grands écriveurs (Yourcenar, Cendrars, Pic de la Mirandole, Rushdie, Maurice Leblanc, Agotha Kristof, Georges Bataille, entre autres), mais aussi les auteurs de l’absurdes (lire pour cela des bouquins comme « Catch 22 », tout Vian et notamment ceux signés Vernon Sullivan, surtout un bouquin titré « Elles se rendent pas compte »), des trucs grand public aussi tel le « Théorème du perroquet », « le monde Sophie », se passionnait pour l’histoire de la Rome antique et bien évidemment l’évolution du monde Arabe à travers une vision totalement hors de tout acquis religieux.

Côté cinéma, les western amerloques lui allait avec des acteurs comme Lee Marvin, James Coburn, voir même John Wayne, par nostalgie de l’enfance, sans doutre. En musique, il détestait la musique « à watt », qui faisait trop de « bruit » pour ses oreilles fragiles, préférant des choses plus douces et surtout à textes, encore, les Brassens, Ferré, Brel par moment, Bobby Lapointe à d’autres, Prévert à tous les étages et Pierre Perret histoire de rire. Pour le rire, Desproges, évidemment, et un peu Coluche aussi.

Quant à ce qui concernait notre relation, il s’étonnait ouvertement de compter parmi ses amis un amateur de musiques amplifiées comme moi, autant qu’il me répétait « Jamais je n’aurais cru être un jour ami avec un gugusse qui si connait en foot ! » De mon côté, je n’aurais jamais pu imaginer dans mon jeune temps pouvoir avoir dans mes proches un intellectuel de haut vol comme celui-là, donc :… on était quitte.

Cuistot remarquable, bijoutier inventif, pinailleur théologien, grand amateur de blague, téléphage et néanmoins immense amoureux de la gente féminine - qui le lui a bien rendu !- à la voix si grave que le moindre de ses râles faisant trembler les murs alors même que lui était persuadé de murmurer à peine, bref, le genre de gars à ne manquer sous aucun prétexte quand, par miracle ! il vous arrive d’en croiser un.

Il avait fait archi aux Beaux Arts de Paris dans les années 70 et, comme de bien entendu, sa maison était une espèce de grotte toute tarabiscotée que s’en était à peine imaginable. Il aimait le vélo, mais seulement dans les grandes métropoles, à Paris notamment, qu’il connaissait comme personne, et où c’était son moyen de locomotion de prédilection, bien au milieu de la pollution citadine, alors que là où il vivait, en Provence, c’était bien trop chiant et éprouvant toutes ces cotes et montées, « Pas assez de descentes, par ici, pour moi ! » Il aimait la beauté, toutes les beautés, les belles femmes, les beaux pains, les beaux vers, les beaux objets, surtout s’ils n’avaient aucune utilité précise, mais lui s’attifait comme… lui seul le pouvait, façon dandy-épouvantail, quelque chose dans ce gout-là. Paradoxe ambulant, il pouvait être le plus charmant des hommes autant que plus gueulard des mal lunés si ça lui pétait, capable d’une partialité honteuse, et pouvant se montrer cassant comme pas possible. Heureusement, il finissait toujours par reconnaître ses torts quand il en avait, même à contre cœur. Mais s’il se savait avoir raison, aucune entité ne pouvait le convaincre du contraire. Les contradictions, pourtant, il adorait, et les plus farfelues ne lui faisaient pas plus peur que la rigidité légendaire de ses points de vue définitifs quant aux barbus de tous ordres et obédiences.

Trente cinq années, j’ai connu ce monsieur. Jamais un mot de travers n’est venu s’immiscer entre nous. Plutôt une sorte de respect mutuel, qui est une de mes rares et très grandes fiertés. Et s’il m’a parfois horripilé avec ses façons de trancher dans le l’art ou ses impatiences de capricieux chronique, je sais aujourd’hui, et depuis longtemps déjà, qu’il aurait pu être un grand n’importe quoi, poète, écrivain, sculpteur, conteur, etc. C’est d’ailleurs ce qu’il a été, un grand tout et n’importe quoi. Mais avec classe !..., de ceci, personne ne pourra dire le contraire. Il détestait par-dessus tout ce fameux « Complexe de la groupie,… » - autre concept à nous deux partagé - qui sommeille chez pas mal d’entre nous.

Vous aimeriez savoir comment s’appelait ce type que j’ai tant détesté, n’est-ce pas? Et bien nous le nommerons ici « Le père noël est une ordure », na !... et rien d’autre.

La vie est courte, chères-et-chers, c’est connu. Et on dit que ce sont les meilleurs qui partent les premiers, à ce qui parait. Heureusement que les premiers seront les derniers ! Avec ça, vous voudriez que je salue ? Plutôt crever, oui !..., soit dit en passant.

 

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2012, l'année du 12/12/12 !!!...

Ajouté le 16/1/2012

2012, l'année du 12/12/12 !!!...


Neige!

Ca y est, c’est parti, je n’entends déjà plus que ça alentour :

« Eh ! 2012 : c’est l'année du Douze-Douze-Douze, mec ! »

Et voilà comment, avec un bête alignement de trois chiffres, pas des plus particulièrement remarquables, je vous fais remarquer, reviennent à la charge les vieilles reliques superstitieuses autant que populacières. A partir de quoi, c’est sûr, toutes les interprétations - et leurs subséquents contraires ! - redeviennent évidemment éminent plausibles : « L’année du Blues ! » clament haut et fort certains inquiets de nature, tandis que d’autres, moins frileux, hurlent à qui veulent bien les entendre: « Que dalle, ouais, ça va être celle du No Blues, faut pas déc’, oh ! », « Enfin, du flouze ! », entend-on chez une part de la population, ce à quoi l’autre part réplique aussi sec, « Le manque de flouze, oui tu veux dire ! », « Haut-les-blouses ! » crient les patients impatients à la face des infirmières plus ou moins hospitalières, pendant que chez les praticiens on en serait plutôt à un :« A bas les blouses ! » assez compréhensible en vue de mise à nu du corps infirmier, « Une belle année de bouse en perspective ! », grincent les plus pessimistes, en promettant à tous une sacrée mou(i)se,… quand, en vérité, dans les têtes et les bouches du plus grand nombre sommeille, « … la possibilité d’une touze à douze le 12 décembre, éh! éh! éh! »

Je vous le dis tout net et même internet, chères lectrices-et-teurs, ceci n’est vraiment pas sérieux. C’est vrai, quoi, des 12/12/12, il y a déjà eu dans l’histoire du monde depuis la création des calendriers, et vous pouvez me dire  ce que cela à changé, en réalité sinon rien ?

Prenons 1912, par exemple : Est-ce que cette année-là a eu la moindre importance dans le siècle précédent ? Aucune ! Historiquement, c’est même carrément l’une des moins intéressantes du vingtième siècle. Ou alors, c’est qu’on ne nous dit pas tout, ce qui reste possible, j’en conviens.

Et pour étayer cette idée-là, saviez-vous que la dernière fois qu’un homme politique a eu une idée qui allait dans le sens du peuple, c’était en… 1912 ? Quand je vous disais que tout ne nous avait peut-être pas été révélé ! De la même manière, la première chanson de Joe Dassin remonte à ?... 1912 ! Vous commencez à me suivre là ? Oui ? Ca vient ? Alors, allons-y à fond, o.k. ? C’est ainsi qu’en 1912 Zinedine Zidane a donné son premier coup de tête. Aussi cette même année que l’homme a marché sur la lune. Que Ghandi a viré les anglais de ses Indes chéries. Egalement que les Blancs ont respectés les Noirs et inversement.

 Non vraiment, une année pas croyable que 1912, puisqu’elle a vu simultanément la naissance d’Arté, ainsi que celle de la ligue des droits de l’homme. De même, la révolution française date du 14 juillet… 1912, comme chacun sait, et la sorti de la 2cv des usines Citroën, à l’automne 1912 encore. Et plus on se renseigne, plus on découvre l’incroyable influence du 12 dans nos vies. Du coup, avec un peu de pratique, on peut s’en servir à des fins insoupçonnées jusque-là,  du genre, lorsque votre ami(e) vous demandera : «Quand est-ce que tu comptes repeindre les volets, mon amour ? » essayez donc de lui répondre : « j’ai réservé ça pour 1912, très cher(e)», vous verrez que votre réponse produira un certain effet. Ou bien, pour les plus jeunes d’entre vous, quand votre maman vous dira : « Tu as fait tes devoirs ? » et que vous répondrez « Oui, m’man, com’ d’hab ! » et qu’elle insistera en ajoutant : « Et tu avais quoi à étudier ?», vous répondrez : « 1912, une année pas comme les autres », après quoi, elle vous fichera tranquille, impressionnée qu’elle sera de votre intérêt aussi nouveau qu’inédit pour les choses de la grande histoire du monde.

D’un point de vue plus personnel, c’est en 1912 que mon père a pris ses ultimes vacances. En 1912 aussi que ma mère nous a raconté une blague cochonne. Dans le même ordre d’idée, et pour info, sachez que la dernière fiche de paye de ma chère concubine remonte à… 1912 !  De la même manière, le 20/20 en français de notre fils Enzo, c’était aussi en 1912. Et LA fois où Félix s’est fait aussi discret que silencieux : en 1912 ! Le mois, seul et unique, où Notes en Bulles (mon employeur) m’a payé en temps et en heure, c’était fin novembre 1912! (idem, l’année de mon ultime augmentation de salaire, soit dit en passant). Le meilleur beuf auquel je n’ai jamais participé, c’était aussi en 1912. Le concert le mieux payé que j’ai donné de ma vie… en 1912 ! La plus belle déclaration d’amour que l’on m’ait jamais déclamée : 1912 ! Et mes copains et copines, comment expliquer ce curieux phénomène, je l’ignore, mais tous sont natifs de… 1912 ! Tout comme mes gosses et ma mère, d’ailleurs ! C’est en 1912 que j’ai conduis pour la première fois une deuch. Et aussi que j’ai pris ma dernière cuite, comme ceux qui me côtoient peuvent en attester. A une de mes élèves qui me demandait depuis quand je donnais des cours de guitare, j’ai répondu quoi ?... 1912, bien sûr. Perplexe, elle a ensuite voulu savoir depuis combien de temps je pratiquais cet instrument, et quand je lui ai dit « Depuis 1912 », j’ai senti que la pauvre commençait à perdre pied, alors je l’ai tout de suite rassuré en précisant « à peu près », ce qui a achevé de la déstabiliser, mais c’est ainsi avec tout ceux qui ne comprennent pas la vérité sur ce fameux autant que tout-à-fait fabuleux an 1912.

Or, il se pourrait bien que 2012 soit dans la lignée de sa grande sœur de 1900, à savoir, qu’on y trouvera tout et n’importe quoi, n’est-ce pas, puisque élections il devrait y avoir ! Ah, les élections ! Ca, c’est du Très Grand Spectacle ! Aucun événement sportif, pas même une coupe du monde de foot, ni aucun vernissage culturel d’aucune sorte n’aura jamais droit à un tel lancement médiatique, ou alors il faudrait remonter à … 1912, (l’année du Guernica de Picasso, aussi celle du Rolland Garros gagnant de Noah) c’est clair, pour en retrouver traces. Des mois, que dis-je, des années en avance qu’on nous en rebat les oreilles sur tous les fronts ! A tel point que même la fumeuse fin cruciale de notre monde adoré tant annoncée pour 2012 finit elle aussi par passer au second plan, depuis que la campagne est officiellement ouverte. Même un retour sur scène d’Elvis Presley passerait inaperçu en temps de campagne électorale présidentiel française, c’est dire ! (A propos, la dernière fois qu’Elvis a été beau gosse, c’était ?... en 1912, c’est ça !... très bien, les filles, au moins, il y en a quelques-unes qui suivent.)

Sans compter qu’il parait qu’on est en crise ! Crise de quoi, je vous le demande : de rire ? Pas vraiment, sauf pour ceux qui écoutent encore (les malheureux !) les discours des présidentiables. De foie, sûrement, on sort des fêtes de fin d’année, vous savez ce grand footage de gueule occidental où on s’en met plein la lampe sans discontinuer pendant des jours, jusqu’à tomber malade, quand les trois autres quarts de la planète crèvent honteusement de faim, ceci uniquement pour bien justifier nos moyens. De foi aussi, mais pas de partout pareil, y’en a qui en ont trop, et d’autres qui croient plus en rien, remarquez, ça équilibre. Crise de nerf ? Tous les 28 jours, mesdames, garanti. D’asthme ? Evidemment, plus personne ne prend le temps de respirer un grand coup. D’essence ? Pas dans les pays du Golf, en tout cas. Du logement ? On va quand même pas louer aux pauvres, risqueraient de pas pouvoir régler les mensualités, ces salauds-là. Des salaires ? Le miens est tellement glacé qu’il ne risque pas de contribuer au réchauffement de la planète!

Mais, baste des balivernes, car, en vérité, je vous le dis, l’année 2012 ne sera rien de tout ça. L’année 2012 sera… l’année de la pelouse ! Oui, madame ! Y en aura partout et plus que jamais ! Ce sera pour contre balancer la crise générale tant annoncée que c’est à se demander s’il elle ne serait pas souhaitée par ceux qui nous l’imposent, histoire d’écouler un peu les stocks d’armes qu’il leur reste de… 1912 !

En attendant, crise ou pas, avec ma petite famille on s’est offert une semaine au ski, même qu’on s’est régalé comme des petits fous, avec plein de neige et un temps superbe, des pistes quasi-désertes et des remontées mécaniques sans fil d’attente, dans une petite station au-dessus de Gap, et ça, ça n’était pas arrivé dans ma famille depuis au moins 1912 ! Ah ! la beauté des paysages de montagnes enneigées, ah ! la grâce du silence que cette pluie blanche ramène pour nous du ciel et impose à la (sur)face du monde qu’elle étreint ! Ah ! la froidure des engelures et le poids des chaussures de ski qui esquintent jusqu’aux pieds les moins délicats ! Que de bonheur que l’hiver en France, n’est-ce pas ? Pour vous dire, ma si chère concubine en a reskié de plaisir! Ce qui est des plus notables, vu que l’an dernier à la même période (c'est-à-dire en janvier 1912 !...), elle était alitée avec un talon broyé suite à une chute d’échelle. Et ben, vous savez quoi ?... Elle n’a rien perdu de son style, cette belle enfant, na ! Et c’est un vrai bonheur, ça. Rien ne m’avait rendu plus heureux depuis, au bas mot,… : qui a dit 1912 ?

Que tout ce qu’on essaye de vous bourrer dans le mou ne vous empêche donc pas de connaître un bon 12, ami(e)s joyeux et sincères, qu’il soit de 2000 ou autre, ça vous regarde. Et si vous voulez savoir de quand date la dernière fois que j’ai salué qui que ce soit, il vous faut vous reporter aux archives de… 1912, naturellement. Sinon, ça voudrait dire je n’aurais pas de suite dans les idées, vous en conviendrez.

P.s. : 12 et 12 font 24, et 24 et 24, 48, exactement l’âge de actuel de votre serviteur-conteur : vous voyez ? Quand je vous dis que tout est lié, et que de hasard, il n’y a de place nulle part dans nos vies alambiquées à l’envie que l’on nomme existences terrestres. Quoi qu’il en soit, à bientôt, pour de nouvelles révélations insondables en temps de sondages abusifs, et gare à tout, surtout au loup, qui toujours rôde, plus ou moins en maraude.


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Vive la rentrée !... surtout pour les parents.

Ajouté le 15/11/2011

Vive la rentrée !...

… surtout pour les parents.

les parents pigents queud!

 

                    Ah ! l’automne et ses couleurs, la nature qui expose enfin ses charmes, véritable concert de toutes les teintes allant du jaune au mauve, n passant par les ocres et les rouges, joie sans cesse renouvelée pour les yeux des âmes sensibles ! Quel beauté sans concurrence ! Quel repos des corps enfin retrouvé après les tumultes de l’été !

Seulement voilà : à peine les baignades estivales terminées, il faut préparer les pulls et autres moufles. Et avec ça, l’école qui oblige nos mômes à des horaires que refuserait n’importe quel travailleur occidental un tant soit peu syndiqué tellement ils sont abjectes (les horaires, pas les travailleurs !). Comment voulez-vous, après ça, que nos chers chérubins ne nous volent pas dans les plumes dès qu’ils ont quitté les leurs de plumards ?...

Et il faudrait être drôlement revanchard pour leur en vouloir, à ces pauvres enfants. C’est vrai quoi, souvenez-vous un instant : vous aviez entre 11 et 16 ans, l’automne annonçait à peine ses sanglots sans fin à coup de violons mal maitrisés, quand vous vous leviez, il faisait encore nuit, et en rentrant le soir, elle était à nouveau et déjà en place cette noirceur nocturne, sauf qu’entretemps, des professeurs pour la plupart imbus d’eux-mêmes quand ils n’étaient pas blasés à mort ou usés jusqu’à la moelle, vous infligeaient tout le jour des obligations dont vous ne compreniez quasiment jamais les significations éventuelles, mais dont il valait mieux tenir compte si vous ne vouliez pas vous retrouver stigmatisé de manière on ne pouvait plus ostentatoire aux yeux de vos soi-disant camarades de classe.

Je me souviens très bien de la complicité qui nous liait, nous autres futurs esclaves de ces facultés à venir, quand en temps de grève par exemple, on se réunissait en fin de journée pour proclamer haut et fort que le mouvement était une fois de plus reconduit pour le lendemain, et que le lendemain, quand je retournais voir où en était le conflit, je me voyais directement convoqué chez mon ami le censeur ou autre directeur d’établissement pour absentéisme aggravé, par le simple fait que j’avais été le seul absent des cours de ma classe de la matinée. Car ce fut bien ainsi que commença mon approche déjà frustrée de la solidarité entre êtres humains de même obédience.

Plus tard vinrent les fameux (fabuleux !) premiers émois, et avec eux leurs cortèges de vacheries, railleries, et autres trahisons en tout genre que vous assenaient, évidemment en priorité, ceux censés être jusque-là les meilleurs d’entre vos copains, les mêmes qui, d’imagination médiocre, étant de part eux-mêmes incapable de rencontrer quelques créatures du sexe intéressant sans votre entremise première, savaient par contre savamment, quasi de façon innée, vous casser suffisamment de sucre sur le dos pour que dans les mirettes chéries s’éteignent inexorablement les flammettes allumées à votre égard et que s’amoncellent lentement celles conçues pour d’autres, dont eux. Ah ! les amours libres de nos jeunesses larmoyantes, quelles étaient belles et délicieuses quand elles s’étalaient sur une semaine entière, voir deux au grand maxi, en temps de période de vacances scolaires par exemple !

Et avec ça, il fallait se cultiver à tout prix, se culturer disons même, ne serait-ce que pour pouvoir briller un minimum en société, le tout, évidemment, pour avoir des chances de se faire remarquer par une belle un peu moins bégueule que la moyenne de ces bahuts où, il faut bien le reconnaître, à part nos petits cercles d’amitiés, il y avait surtout un ramassis de tocards et d’emmerdeuses que s’en était à peine croyable !

La rentrée digérée, arrivait donc l’automne, saison de blues intersidéral s’il en est, mais à l’époque, on ignorait quasiment tout de la musique hormis celle distillée à grand coup d’arnaque par les radios grandes ondes et la télé des parents. Elevé aux grandes ondes, voilà un truc bien pire que toutes les micros-ondes actuelles que les gosses d’aujourd’hui n’ont plus à subir, ce qui représente quand même une sacrée avancée démocratique ! Ne plus devoir connaître par cœur, à force de burinage médiatique, tel ou tel texte des plus débiles, chanté par tel ou tel artiste totalement imbuvable mais suffisamment showbisé pour être incontournable donc surprogrammé chez Europe 1, RTL ou RMC, c’est quand même un vrai bonheur, non ? Aujourd’hui encore, je pourrais sans souci chantonner des bribes entières de chansons que je déteste profondément simplement parce qu’on me les a fait ingurgiter de force à l’état quasi-embryonnaire ! Si ce n’est pas de la pure propagande pour attardé mental, ça !

Pour ceux qui ont grandi dans le sud, passe encore les horaires de départ et de retour à la maison. Mais pour ceux comme moi qui étions d’au-dessus de Montélimar, autant dire dans le grand Nord, fallait voir les températures qu’on se fadait dès le lever du jour ! Et les pluies qui duraient parfois des semaines entières sans discontinuer ! Quand tu te lèves le matin à 6h30, qu’il fait encore nuit, qu’il pleut et vente en même temps, par une température avoisinant les zéro degrés Celsius, comment ne pas avoir envie de rester tranquillement couché sous sa couette ? Soyez honnête, qui n’a pas eu envie, une fois au moins, de dire merde à tout ce système impossible à assumer pour toute âme à peu près normalement constituée ?

Hélas ! rien ne change, le mammouth écrase toujours autant la plupart de nos gosses sur son passage obligatoire sans que personne n’ose réellement proposer de changement quelconque, voir de variations tangibles. Pourtant, hein, vous, parents attentifs aux santés de vos progénitures aimées, avouez qu’un horaire journalier où les enfants n’auraient plus à se lever à l’aube vous irait parfaitement, qu’une scolarité allant de 9h à 13h pour les études intellectuelles, pour la très grande majorité de nos gosses, suffirait amplement, ce 4 jours par semaine uniquement, et avec le maintient des temps de vacances, les après-midis étant totalement réserver à l’étude des arts et des sports, ce qui nous renverraient à la maison en fin de journée des enfants épanouis et heureux d’avoir pu enfin dépenser toutes ces énergies incroyables qu’ils renferment et qu’ils n’ont pas d’autre choix actuel que de nous déverser sur la tronche dès qu’ils franchissent le seuil de l’habitation familial, en hurlant de préférence, à cause de toutes ces heures passées le cul obligatoirement rivé sur des chaises même pas confortables, avant de s’enfermer sous des casques à musique ou sur des écrans de toutes tailles qui les mènent droit à des solitudes si profondes qu’ils en finissent dépressifs les pauvres !...

 Mais loin de moi l’idée de toute prise de position politique, ces réflexions ne viennent que d’expériences personnelles plus ou moins bien vécues, et ne sont en aucun cas valables comme références pour quiconque.

N’empêche que l’école, si c’était à refaire, il est tout à fait possible que cette fois je finisse cancre en plein, au lieu de ce rôle de jeunot qui sauve les apparences que j’ai su si fréquemment tenir.

Alors, évidemment, je dois aussi noter que, de toute la bande qu’on formait aux alentours de la puberté, seules deux copines bossaient sérieusement, et que, avant la trentaine, elles étaient aussi les seules à gagner largement leur vie. Bon, c’est un constat comme un autre. Mais si l’argent faisait le bonheur, ça se saurait depuis longtemps, non ?

Pour autant, plus les gens seront éduqués, plus ils comprendront le prix de leur vie, donc de leur liberté individuelle et collective, donc de leur poids dans les prises de décisions pour ce qui nous concerne tous, donc de leur responsabilité face à eux mêmes et aux autres, donc de leur respect de ce grand tout cosmique qui nous inclus, ce qui reste tout de même une perspective un poil plus grisante que de se laisser manipuler par la poignée de grands comiques qui nous gouvernent et qui n’ont de grand que leur bouches ainsi que l’effroyable puanteur qui en émane.

Il existe aujourd’hui des sites internet qui permettent de retrouver des photos de classe pour revoir les trombines des copains de classe de l’époque, parait même que ce genre de truc fait sacrément recette. Tant mieux pour eux. Mais quant à mézigue, je remercie la Vie de ne m’avoir accordé aucune nostalgie pour ces temps immémoriaux ou je fraudais tout ce que je pouvais pour en glander le moins possible, tandis que d’autres autour de moi s’échinaient à en chier un max pour finalement ramener des notes à peine plus tolérables que les miennes, ce qui ne les menaient guère plus loin que les voies de garage sur lesquelles cette sublime institution qu’est l’Education Nationale les avaient gentiment (dés)orientée, de force plutôt que de gré.

Heureusement, reste les vacances, ces petits îlots bénis qui rythment nos périodes de stress comme autant de moments d’espoirs qu’ils représentent. Vacances qui nous collent nos chers enfants entre les pattes du matin (vers midi) au soir (pas loin de minuit, rarement moyen de s’en débarrasser avant !) englués dans un désœuvrement et une fainéantise tels que rien ne les intéressent sinon les fameux écrans précités sur lesquelles ils s’usent les rétines avec une complaisance frisant la mononeuronalité primaire. Vacances qui nous coûtent la peau des couilles - n’ayons plus peur des mots - pour tenter de distraire les chers anges, sans jamais y parvenir, évidemment, et qui épuisent les parents pour lesquels, il faut bien le reconnaître, ne commenceront les leurs qu’une fois les différentes écoles réintégrées. Car, en définitive, convenons-en, si les hommes adultes travaillent le plus possible essentiellement pour éviter les tâches ménagères et la gestion des morveux (« Je bosse, j’ai pas que ça à faire, le ménage, la bouffe, torcher le cul des moufflets, ou m’occuper des devoirs, chérie ! »), et même s’il est avéré que les femmes adultes travaillent elles aussi de plus en plus souvent - on se demande bien pourquoi -, sans les instits qui supportent nos monstres à longueur d’année et autres professeur de théâtre, cirque, musique, ou entraineurs de foot, tennis ou équitation,… les crimes pour infanticide remonteraient en flèche, à n’en pas douter, sur toute la surface du monde civilisé !

Gloire, donc, à ceux qui occupent nos enfants, d’une manière ou d’une autre ! Et que leurs salaires soient définitivement réévalués à la hauteur de leur incommensurable mérite, qui est bien plus important que ce que fournissent comme paix sociale les plus grands des grands patrons ! Voilà où je voulais en venir. Et vous pouvez me faire confiance, je sais de quoi je cause,… moi qui bosse essentiellement avec les ados depuis tant d’années !

Donc,… à bons entendeurs,… et que le diable emporte les sourds !

Quant à mon salut,… il vous faudra l’attendre encore un moment, que vous le souhaitiez ou pas, chers lectrices-et-teurs.

P.s. : au fait, mon concept-album « la passion, mon œil !... » est disponible et écoutable sur myspace. Suffit de taper Eric Tomasini pour ça sur le site en question. Avis aux amateurs !

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